Combien de jours de congés avez-vous acquis ? Vos RTT sont-ils bien comptés ? Que devient votre solde après un arrêt maladie ? Entre jours ouvrables, jours ouvrés, accords collectifs et réforme de 2024, les règles se mélangent vite. Voici les principes à connaître, avec les formules pour vérifier vos propres compteurs.
Congés payés : combien de jours acquiert-on ?
Le principe légal est simple : chaque mois de travail effectif donne droit à 2,5 jours ouvrables de congés payés. Sur une année complète, cela représente 30 jours ouvrables, soit 5 semaines de congés.
Les droits sont calculés sur une période de référence qui court, par défaut, du 1er juin de l'année précédente au 31 mai de l'année en cours. Un accord collectif peut fixer une autre période (par exemple l'année civile), d'où l'intérêt de vérifier votre convention collective et votre bulletin de paie.
La formule de base :
Congés acquis = mois travaillés x 2,5 jours ouvrables (maximum 30)
Exemple : un salarié embauché le 1er mars a, au 31 mai, 3 mois de travail effectif : 3 x 2,5 = 7,5 jours ouvrables acquis. Les 7,5 jours sont arrondis à l'entier supérieur selon les règles du code du travail, soit 8 jours.
Les salariés de 21 ans et plus au 1er juin, ayant des enfants de moins de 15 ans à charge (ou handicapés) vivant au foyer, peuvent bénéficier de 2 jours ouvrables supplémentaires par enfant à charge, sans que le total puisse dépasser 30 jours ouvrables (vérifiez les conditions exactes sur service-public.gouv.fr).
Jours ouvrables ou jours ouvrés : la conversion
Le code du travail raisonne en jours ouvrables (du lundi au samedi, hors jours fériés chômés), mais de nombreuses entreprises comptent en jours ouvrés (les jours habituellement travaillés, souvent du lundi au vendredi). Les deux méthodes doivent aboutir à la même durée de repos :
| Mode de décompte | Par mois | Par an |
|---|---|---|
| Jours ouvrables (lundi au samedi) | 2,5 | 30 |
| Jours ouvrés (lundi au vendredi) | environ 2,08 | 25 |
Le passage de l'un à l'autre se fait en retirant le samedi : ouvrés = ouvrables x 5 / 6. Une semaine de congés représente 6 jours ouvrables ou 5 jours ouvrés, dans les deux cas une semaine de repos. Pour revoir ces définitions en détail, consultez notre guide sur les jours ouvrés en 2026.
Prendre ses congés : période, durée et fractionnement
L'employeur fixe la période de prise des congés et l'ordre des départs, après consultation des représentants du personnel s'il y en a, en tenant compte de la situation familiale des salariés. Quelques repères légaux :
- Période des congés principaux : du 1er mai au 31 octobre.
- Durée minimale : le congé principal doit comprendre au moins 12 jours ouvrables consécutifs pris sur cette période (soit 2 semaines).
- Durée maximale : pas plus de 24 jours ouvrables consécutifs (4 semaines), sauf situation particulière prévue par la loi.
- Cinquième semaine : elle peut être prise séparément du congé principal.
Le fractionnement. Lorsque des jours du congé principal sont pris en dehors de la période du 1er mai au 31 octobre, des jours supplémentaires peuvent s'ajouter : 1 jour si 3 à 5 jours sont pris hors période, 2 jours à partir de 6 jours. Ces jours ne sont pas dus si le salarié y renonce ou si un accord prévoit autre chose.
Jours fériés et congés payés
Un jour férié habituellement chômé dans l'entreprise n'est pas décompté de vos congés s'il tombe pendant votre absence. Si le jour férié n'est habituellement pas chômé chez vous, il se décompte comme un jour de congé ordinaire. En jours ouvrables, tous les jours du lundi au samedi comptent, hors fériés chômés ; en jours ouvrés, seuls vos jours habituels de travail comptent.
Astuce de planification : encadrer un férié de congés (par exemple un pont) permet de gagner des jours de repos sans consommer tout le solde. En 2026, plusieurs fériés tombent un jeudi ou un vendredi en mai, ce qui s'y prête bien, comme détaillé dans notre calendrier des jours fériés.
RTT : comment ils sont calculés
Les RTT (réduction du temps de travail) ne sont pas un droit légal automatique : ils découlent d'un accord collectif (accord d'entreprise ou convention de branche) ou d'une décision de l'employeur. Leur nombre et leurs règles de prise (à la charge du salarié ou de l'employeur, délai de prévenance, report éventuel) sont fixés par cet accord.
Les salariés aux 35 heures et plus
Quand l'horaire collectif dépasse 35 heures par semaine (par exemple 37 ou 39 heures) sans que ces heures soient payées en heures supplémentaires, elles sont compensées par des jours de repos. Notre calculateur retient une estimation simplifiée :
RTT estimés = (heures par semaine - 35) / heures par semaine x 228 jours ouvrés
Exemple : à 39 heures, (39 - 35) / 39 x 228 = environ 23 jours. C'est une estimation : le nombre exact est fixé par votre accord.
Le forfait jours
Pour les salariés autonomes (souvent des cadres), la durée du travail est exprimée en jours par an et non en heures. Le forfait annuel en jours doit être prévu par un accord collectif et ne peut pas dépasser 218 jours travaillés par an(pour un salarié ayant des droits complets à congés payés). Les jours de repos restants varient donc d'une année à l'autre :
Jours de repos = 365 - week-ends - congés payés - fériés en semaine - 218
Exemple 2026 : 365 - 104 week-ends - 25 congés payés (ouvrés) - 9 fériés tombant en semaine - 218 = 9 jours de repos. Ce chiffre est un ordre de grandeur : il change avec le calendrier de chaque année et avec les stipulations de votre accord.
Pour estimer vos propres jours de repos annuels (congés, RTT et fériés en semaine), utilisez notre calculateur de congés et RTT.
Congés payés et arrêt maladie après la loi de 2024
Longtemps, le droit français n'accordait pas de congés payés pendant un arrêt maladie non professionnel, ce qui était contraire au droit de l'Union européenne. La loi n° 2024-364 du 22 avril 2024 a mis le droit français en conformité. Ses principales règles :
- Maladie non professionnelle : le salarié acquiert 2 jours ouvrables de congés par mois d'arrêt, dans la limite de 24 jours ouvrables par période de référence.
- Accident du travail ou maladie professionnelle : l'acquisition se poursuit au rythme normal de 2,5 jours ouvrables par mois.
- Report : si l'arrêt a empêché de prendre les congés acquis, ils sont reportés pendant 15 mois. Ce délai commence quand l'employeur a informé le salarié de ses droits à congés.
- Rétroactivité : la loi s'applique aussi à des périodes passées, du 1er décembre 2009 au 23 avril 2024, sous conditions et sauf décision de justice définitive ou accord plus favorable.
Concrètement, un salarié absent pendant une longue maladie conserve donc des droits à congés, dans les limites ci-dessus. Si vous êtes dans cette situation, demandez à votre employeur le détail de votre compteur et la date à laquelle il vous a informé : c'est elle qui fait courir le délai de report de 15 mois.
Suivre son solde de congés
Le solde se calcule simplement, mais exige de ne pas mélanger les unités :
Solde = congés acquis + reports + jours de fractionnement - congés pris
- Gardez la même unité (ouvrables ou ouvrés) que celle de votre bulletin de paie.
- Vérifiez la période de référence : les congés acquis au 31 mai sont à prendre sur la période suivante.
- Surveillez les dates limites de prise ou de report prévues par votre accord, pour ne pas perdre de jours.
- Gardez une trace écrite de vos demandes et de leur validation.
En cas de doute sur votre solde ou sur l'application de la réforme de 2024, adressez-vous à votre service RH, aux représentants du personnel, ou consultez service-public.gouv.fr et le code du travail numérique.
Questions fréquentes
Combien de jours de congés payés acquiert-on par mois ?
Un salarié acquiert 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, soit 30 jours ouvrables (5 semaines) pour une année complète. La période de référence va, par défaut, du 1er juin au 31 mai, sauf accord collectif différent.
30 jours ouvrables, cela fait combien de jours ouvrés ?
30 jours ouvrables correspondent à 25 jours ouvrés, soit 5 semaines de congés dans les deux cas. Les jours ouvrables comptent du lundi au samedi, les jours ouvrés du lundi au vendredi (en général).
Comment sont calculés les RTT ?
Les RTT compensent un temps de travail hebdomadaire supérieur à 35 heures (ou un forfait en jours). Leur nombre est fixé par l'accord collectif ou l'accord d'entreprise. Pour un forfait jours plafonné à 218 jours, il dépend du calendrier de l'année : jours de l'année moins week-ends, congés payés, jours fériés en semaine et 218 jours travaillés.
Acquiert-on des congés payés pendant un arrêt maladie ?
Oui, depuis la loi du 22 avril 2024. Pendant un arrêt pour maladie non professionnelle, le salarié acquiert 2 jours ouvrables de congés par mois, dans la limite de 24 jours ouvrables par période de référence. Pour un accident du travail ou une maladie professionnelle, l'acquisition se fait au rythme normal de 2,5 jours ouvrables par mois.
Combien de temps peut-on reporter ses congés après un arrêt maladie ?
Quand l'arrêt a empêché de prendre les congés acquis, ceux-ci sont reportés pendant 15 mois. Ce délai court à partir du moment où l'employeur informe le salarié de ses droits à congés, information qui doit être faite à son retour.