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Finance

Impôt 2027 : ce que prévoit le projet de budget (non adopté)

Mis à jour le 5 octobre 2026
Lecture 9 min
Par L'équipe Calculsmalins

Comparez 2026 et projet 2027

Votre impôt avec le barème en vigueur et avec le projet de budget (non adopté), à revenus identiques.

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Projet de loi de finances 2027 : non adopté, susceptible de changer.Tout ce qui suit décrit un texte en discussion. Seul le barème 2026 est aujourd'hui en vigueur.

Le gouvernement a présenté le 1er octobre 2026 son projet de budget pour 2027. Côté particuliers, trois sujets reviennent : un barème de l'impôt sur le revenu revalorisé de 2,1 %, un abattement des retraités plafonné à 3 000 €, et un gel de plusieurs prestations. Voici ce que le texte prévoit, ce qu'il change en euros, et ce qui reste incertain.

Un projet, pas une loi

Un projet de loi de finances est le texte déposé par le gouvernement. Il devient la loi de finances seulement après examen, amendements et vote du Parlement, puis promulgation. Les mesures décrites ici sont donc des propositions. Certaines peuvent être supprimées, d'autres modifiées, d'autres ajoutées par les députés et les sénateurs.

Nos chiffres s'appuient sur les synthèses publiées après la présentation du texte, notamment par La finance pour tous et MoneyVox, consultées le 5 octobre 2026. Les montants de détail (décote, plafonds de quotient familial) proviennent de presse spécialisée et n'ont pas été relus dans le texte officiel : nous le précisons à chaque fois.

Le barème : +2,1 % sur les tranches

Le projet relève de 2,1 % les seuils des tranches de l'impôt sur le revenu, ce qui correspond à l'inflation hors tabac prévue par le gouvernement pour 2026. Les taux (0 %, 11 %, 30 %, 41 %, 45 %) ne changent pas. Le gouvernement indique que cette indexation protège environ 20 millions de foyers d'une hausse d'impôt de près de 4 milliards d'euros. Elle s'appliquerait aux revenus 2026, déclarés au printemps 2027.

TauxBarème 2026 (en vigueur)Projet 2027 (non adopté)
0 %jusqu'à 11 600 €jusqu'à 11 844 €
11 %jusqu'à 29 579 €jusqu'à 30 200 €
30 %jusqu'à 84 577 €jusqu'à 86 353 €
41 %jusqu'à 181 917 €jusqu'à 185 737 €
45 %au-delà de 181 917 €au-delà de 185 737 €

Les seuils sont appliqués par part de quotient familial. Pour le détail du fonctionnement des tranches, des taux marginal et moyen et du quotient familial, consultez notre guide du barème des impôts 2026.

Décote et quotient familial

Selon MoneyVox, la même revalorisation de 2,1 % toucherait les mécanismes qui corrigent le barème :

  • Plafond du quotient familial : l'avantage maximal par demi-part supplémentaire passerait de 1 807 € à 1 845 €. Pour un parent isolé, le plafond lié à la première part d'enfant passerait de 4 262 € à 4 352 €.
  • Décote : le montant de référence passerait de 897 € à 915 € pour une personne seule, et de 1 483 € à 1 513 € pour un couple. La décote est égale à ce montant moins 45,25 % de l'impôt brut ; elle s'éteint quand l'impôt brut atteint environ 1 982 € (seul) ou 3 277 € (couple) en 2026. Le taux de 45,25 % n'est pas mentionné comme modifié ; nous le supposons inchangé.

Le plafonnement du quotient familial ne joue que pour les foyers avec enfants et des revenus assez élevés : c'est le cas, par exemple, d'un couple avec deux enfants et 120 000 € de revenu net imposable. Pour les foyers modestes, c'est la décote qui compte.

Retraités : l'abattement de 10 % plafonné à 3 000 €

Les pensions de retraite bénéficient d'un abattement de 10 % pour frais, plafonné par foyer fiscal : 4 439 € aujourd'hui. Le projet ramènerait ce plafond à 3 000 € pour les pensions de retraite, que le foyer compte une ou deux personnes. Il aurait atteint environ 4 532 € avec une simple revalorisation de 2,1 %.

Le plafond de 3 000 € est atteint dès 30 000 € de pensions : seuls les foyers au-dessus de ce niveau seraient concernés, selon le gouvernement un foyer sur trois parmi ceux qui comptent un retraité. Au maximum, la base imposable augmente de 1 439 € (4 439 - 3 000). L'impôt supplémentaire dépend de votre tranche : environ 158 € à 11 %, environ 432 € à 30 %, avant décote.

Le projet prévoit aussi, selon les mêmes synthèses, de ne pas revaloriser en 2027 les pensions supérieures à 1 260 € (pension de base et complémentaire), pour une économie totale estimée à 5,5 milliards d'euros avec l'abattement. Cette mesure concerne le montant des pensions, pas l'impôt, et n'est pas incluse dans notre comparateur. Le sort des pensions de réversion dans le nouveau plafond n'est pas confirmé.

Exemples chiffrés

Ces calculs utilisent la même logique que notre comparateur impôt 2026 / projet 2027, à revenus identiques : barème par part, plafonnement du quotient familial, puis décote. Ce sont des estimations, hors réductions et crédits d'impôt.

FoyerImpôt 2026Projet 2027Écart
Célibataire, 25 000 €1 244 €1 187 €-57 €
Célibataire, 45 000 €6 604 €6 459 €-145 €
Couple, 2 enfants, 60 000 €2 543 €2 396 €-147 €
Couple retraité, 50 000 € de pensions brutes2 090 €2 211 €+121 €

Détail du célibataire à 45 000 € de revenu net imposable. En 2026 : (29 579 - 11 600) x 11 % = 1 978 €, puis (45 000 - 29 579) x 30 % = 4 626 €, soit 6 604 €. Avec le projet 2027 : (30 200 - 11 844) x 11 % = 2 019 €, puis (45 000 - 30 200) x 30 % = 4 440 €, soit 6 459 €. Les tranches plus larges font baisser l'impôt de 145 €, environ 2,2 %.

Pour le couple retraité à 50 000 € de pensions brutes, l'abattement passe de 4 439 € à 3 000 € : le revenu net imposable monte de 45 561 € à 47 000 €. L'élargissement des tranches ne compense pas le recul de l'abattement : l'impôt augmente de 121 € (+5,8 %). Un foyer retraité avec des pensions inférieures à 30 000 € verrait en revanche son impôt baisser, comme les autres.

Ces écarts sont modestes parce que la revalorisation suit l'inflation. Ils supposent que vos revenus restent stables : si vos revenus augmentent plus vite que 2,1 %, votre impôt progresse quand même.

Si vous voulez placer une éventuelle économie d'impôt, comparez les enveloppes (livrets, assurance vie, PEA) avant de choisir. Une banque en ligne comme Boursorama propose notamment des solutions d'épargne et de bourse à comparer avec les autres.

Dons, successions, aides sociales

Dons et successions

  • Dons d'argent : selon La finance pour tous, une mesure temporaire, du 1er janvier au 30 juin 2027, appliquerait un taux réduit de 6 % aux dons de sommes d'argent jusqu'à 100 000 €, pour les enfants et petits-enfants de moins de 50 ans. Les conditions exactes (bénéficiaires, âge) varient selon les synthèses et sont à vérifier dans le texte.
  • Exonération des dons familiaux d'argent : le plafond serait relevé de 31 865 € à 50 000 €, sous conditions d'âge.

Prestations sociales

  • Allocations familiales : gel de la revalorisation au 1er avril 2027, présenté comme envisagé.
  • APL et prime d'activité : selon une synthèse publiée par Toutsurmesfinances, ces prestations seraient aussi gelées en 2027 plutôt que revalorisées automatiquement, le gouvernement gardant la possibilité de revenir sur ce gel par décret. Information à confirmer dans le texte.
  • Étudiants : un choix entre APL et rattachement fiscal aux parents serait instauré ; des droits d'inscription en classes préparatoires seraient prévus pour les non-boursiers.
  • Prêt à taux zéro : extension envisagée aux ménages attendant un enfant ou ayant un enfant de moins de 3 ans, sous conditions de ressources.

Calendrier parlementaire

  1. 1er octobre 2026 : présentation du projet de loi de finances.
  2. Octobre et novembre : examen à l'Assemblée nationale (40 jours prévus par la Constitution), puis au Sénat (20 jours).
  3. Décembre : commission mixte paritaire si les deux chambres divergent, vote final, puis éventuel examen du Conseil constitutionnel et promulgation. Une adoption définitive est attendue vers la fin décembre.
  4. Printemps 2027 : déclaration des revenus 2026, avec le barème voté (et non le projet).

Le calendrier peut glisser, comme lors de budgets précédents. Les mesures peuvent aussi changer de forme : un abattement plafonné à un autre montant, une date d'application décalée, une mesure supprimée.

Ce qui est certain, ce qui ne l'est pas

Établi

  • Le projet de budget 2027 a bien été présenté le 1er octobre 2026.
  • Le barème 2026 en vigueur : 11 600, 29 579, 84 577 et 181 917 €.
  • Le projet propose une revalorisation de 2,1 % des tranches.
  • Le projet propose de ramener le plafond de l'abattement retraités à 3 000 €.

Incertain

  • L'adoption de chaque mesure, et ses éventuelles modifications.
  • Les montants de décote et de plafonds de quotient familial (à confirmer dans le texte).
  • Le gel des APL et de la prime d'activité, présenté différemment selon les sources.
  • Les conditions exactes de la mesure temporaire sur les dons.

Notre comparateur utilise les paramètres du projet tels que rapportés, et n'invente aucune valeur manquante. Vous pouvez le tester avec vos propres chiffres : comparer mon impôt 2026 et le projet 2027. Pour une simulation du seul barème en vigueur, utilisez le simulateur d'impôts.

Questions fréquentes

Le barème de l'impôt 2027 est-il déjà voté ?

Non. La revalorisation de 2,1 % des tranches figure dans le projet de loi de finances pour 2027, présenté le 1er octobre 2026. Ce texte doit encore être examiné et voté par l'Assemblée nationale et le Sénat, et il peut être modifié. Tant qu'il n'est pas promulgué, seul le barème 2026 est en vigueur.

À quels revenus s'appliquerait le nouveau barème ?

Aux revenus 2026, déclarés au printemps 2027. Le barème en vigueur aujourd'hui (tranches à 11 600, 29 579, 84 577 et 181 917 €) concerne les revenus 2025, déclarés au printemps 2026.

Les retraités paieront-ils plus d'impôt en 2027 ?

Seulement si le projet est adopté tel quel et si les pensions du foyer dépassent environ 30 000 € par an. Le plafond de l'abattement de 10 % sur les pensions de retraite passerait de 4 439 € à 3 000 € par foyer fiscal, soit au plus 1 439 € de base imposable supplémentaire. En dessous de 30 000 € de pensions, l'abattement de 10 % reste inférieur au plafond et ne change pas.

Mon impôt va-t-il baisser avec la revalorisation de 2,1 % ?

À revenus identiques, il baisse légèrement pour la plupart des foyers, car les tranches s'élargissent. Si vos revenus progressent plus vite que 2,1 %, l'effet peut s'annuler. Notre comparateur calcule les deux barèmes avec les mêmes revenus pour isoler l'effet des règles.

Quand saura-t-on ce qui est définitivement adopté ?

Le calendrier prévoit environ 70 jours d'examen au Parlement, dont 40 à l'Assemblée nationale puis 20 au Sénat, avec une éventuelle commission mixte paritaire. Une adoption définitive est attendue vers la fin du mois de décembre 2026. Si le Parlement ne vote pas à temps, des solutions provisoires peuvent être décidées : mieux vaut attendre la loi promulguée.

Sources et références

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