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Emploi

Indemnités de Licenciement 2026 : Calcul, Droits et Simulation

Mis à jour le 8 avril 2026
Lecture 9 min
Par L'équipe Calculsmalins

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Calculez précisément vos indemnités de licenciement ou de rupture conventionnelle en quelques clics.

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⚠️ Avertissement

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Les règles présentées concernent le régime général du droit du travail français. Des dispositions plus favorables peuvent exister dans votre convention collective. En cas de doute, consultez un avocat spécialisé en droit du travail.

Vous êtes licencié ou en négociation de rupture conventionnelle ? Comprendre le calcul de vos indemnités est essentiel pour évaluer vos droits et négocier en connaissance de cause. Ce guide détaille la formule légale 2026, compare les différents types de départ et décrypte le régime fiscal applicable.

Qui a droit à l'indemnité de licenciement ?

L'indemnité légale de licenciement est un droit pour tout salarié en CDI justifiant d'au moins 8 mois d'ancienneté ininterrompue au service du même employeur. Ce seuil a été abaissé de 1 an à 8 mois par les ordonnances Macron de septembre 2017 (ordonnance n° 2017-1387 du 22 septembre 2017).

✅ Ouvrent droit à l'indemnité
  • • Licenciement pour motif personnel (insuffisance, inaptitude...)
  • • Licenciement pour motif économique
  • • Rupture conventionnelle individuelle
  • • Mise à la retraite par l'employeur
❌ N'ouvrent pas droit à l'indemnité
  • • Faute grave du salarié
  • • Faute lourde du salarié
  • • Démission
  • • Rupture de période d'essai
  • • Fin de CDD (indemnité de précarité spécifique)
💡 Bon à savoir

L'ancienneté s'apprécie à la date d'envoi de la lettre de licenciement, pas à la date de fin du préavis. Vérifiez bien la date retenue par votre employeur sur votre notification de licenciement.

Comment calculer l'indemnité légale ?

La formule de calcul de l'indemnité légale de licenciement est fixée par l'article R. 1234-2 du Code du travail. Elle s'applique depuis les ordonnances de septembre 2017 :

Formule légale

Jusqu'à 10 ans d'ancienneté : 1/4 de mois de salaire par année

Au-delà de 10 ans : 1/3 de mois de salaire par année supplémentaire

Indemnité = (Salaire / 4) × min(ancienneté, 10) + (Salaire / 3) × max(ancienneté − 10, 0)

Quel salaire de référence retenir ?

Le salaire de référence est le montant le plus favorable pour le salarié entre deux modes de calcul :

  • Moyenne des 12 derniers mois de salaire brut précédant le licenciement
  • Moyenne des 3 derniers mois de salaire brut (les primes et gratifications annuelles sont alors intégrées au prorata)

Les primes annuelles (13e mois, prime de vacances, etc.) sont intégrées au prorata dans le calcul sur 3 mois. Les heures supplémentaires régulières et les avantages en nature sont également pris en compte.

Exemple détaillé n°1 : 12 ans d'ancienneté

Situation : salaire brut de 3 000 €, 12 ans d'ancienneté

Pour les 10 premières années : (3 000 / 4) × 10 = 750 × 10 = 7 500 €

Pour les 2 années suivantes : (3 000 / 3) × 2 = 1 000 × 2 = 2 000 €

Indemnité totale = 7 500 + 2 000 = 9 500 €

Exemple n°2 : 3 ans d'ancienneté

Situation : salaire brut de 2 500 €, 3 ans d'ancienneté

Calcul : (2 500 / 4) × 3 = 625 × 3 = 1 875 €

Indemnité totale = 1 875 €

Tableau récapitulatif

Salaire brutAnciennetéCalculIndemnité
2 000 €5 ans(2 000 / 4) × 52 500 €
2 500 €3 ans(2 500 / 4) × 31 875 €
3 000 €10 ans(3 000 / 4) × 107 500 €
3 000 €12 ans(3 000 / 4) × 10 + (3 000 / 3) × 29 500 €
3 500 €15 ans(3 500 / 4) × 10 + (3 500 / 3) × 514 583 €
4 000 €20 ans(4 000 / 4) × 10 + (4 000 / 3) × 1023 333 €
💡 Ancienneté incomplète

L'indemnité se calcule en proportion du nombre de mois complets pour une année incomplète. Par exemple, 7 ans et 6 mois = 7,5 années d'ancienneté dans le calcul. Vérifiez votre ancienneté exacte sur votre bulletin de salaire.

Licenciement vs rupture conventionnelle : quelles différences ?

Le licenciement et la rupture conventionnelle aboutissent tous deux à la fin du contrat de travail, mais dans des conditions très différentes. Voici un comparatif détaillé pour comprendre les enjeux de chaque mode de rupture.

CritèreLicenciementRupture conventionnelle
InitiativeEmployeur uniquementAccord mutuel employeur/salarié
Motif requisCause réelle et sérieuse obligatoireAucun motif nécessaire
Indemnité minimumIndemnité légale (1/4 + 1/3 mois)Identique à l'indemnité légale
PréavisOui (1 à 3 mois selon ancienneté)Non, date de fin négociée
Droit au chômageOui (sauf faute grave/lourde)Oui, garanti
ContestationConseil de prud'hommesPossible dans les 12 mois
Délai de rétractationAucun15 jours calendaires
HomologationNonDDETS (ex-DIRECCTE)

En pratique, la rupture conventionnelle est souvent préférée par les salariés car elle garantit le droit au chômage et permet de négocier une indemnité supra-légale. L'employeur y trouve aussi son intérêt : il sécurise la rupture et réduit le risque de contentieux prud'homal.

💡 Rupture conventionnelle collective

Depuis 2018, la rupture conventionnelle collective (RCC) permet aux entreprises de proposer des départs volontaires via un accord collectif, sans passer par un plan de sauvegarde de l'emploi. Les indemnités sont négociées dans l'accord et ne peuvent être inférieures au minimum légal.

Régime fiscal et social de l'indemnité

Le traitement fiscal des indemnités de licenciement dépend de leur montant par rapport à l'indemnité légale ou conventionnelle. Voici les règles applicables en 2026.

Exonération d'impôt sur le revenu

L'indemnité de licenciement est totalement exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite du montant légal ou conventionnel. Si l'indemnité perçue dépasse ce montant (indemnité supra-légale), la fraction excédentaire est exonérée dans la limite la plus favorable parmi :

  • Le montant de l'indemnité légale ou conventionnelle
  • 2 fois la rémunération annuelle brute de l'année précédente
  • 50 % du montant total de l'indemnité versée

Dans tous les cas, l'exonération est plafonnée à 6 fois le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS).

PASS 2026

PASS annuel 2026 : 47 100 €

6 PASS : 282 600 € (plafond d'exonération fiscale)

2 PASS : 94 200 € (plafond d'exonération de cotisations sociales)

Exonération de cotisations sociales

L'indemnité de licenciement est exonérée de cotisations sociales dans la limite de 2 PASS (94 200 € en 2026). Au-delà, les cotisations sociales s'appliquent sur la totalité de l'indemnité dès le premier euro.

La CSG et la CRDS sont dues sur la fraction de l'indemnité qui dépasse le montant légal ou conventionnel, sans toutefois pouvoir être inférieure au montant soumis à cotisations sociales.

Exemple concret

Situation : indemnité de 35 000 € (indemnité légale : 9 500 €)

Salaire annuel brut : 36 000 € (3 000 € × 12)

Exonération maximale : max(9 500, 2 × 36 000, 50% × 35 000) = max(9 500, 72 000, 17 500) = 72 000 €

Plafond 6 PASS : 282 600 € (non atteint)

Puisque 35 000 € < 72 000 €, l'indemnité est totalement exonérée d'impôt sur le revenu.

Puisque 35 000 € < 94 200 € (2 PASS), elle est aussi exonérée de cotisations sociales.

La CSG/CRDS est due sur 35 000 − 9 500 = 25 500 € (fraction supra-légale).

Que faire si l'indemnité proposée est trop basse ?

Si vous estimez que l'indemnité proposée par votre employeur est insuffisante, plusieurs recours s'offrent à vous.

1. Vérifiez votre convention collective

De nombreuses conventions collectives prévoient des indemnités de licenciement plus favorables que le minimum légal. Par exemple, la convention Syntec prévoit 1/3 de mois par année d'ancienneté dès la première année pour les cadres. Consultez votre convention collective (mentionnée sur votre bulletin de paie) et comparez avec le calcul légal.

2. Négociez une indemnité supra-légale

Rien n'empêche de négocier une indemnité supérieure au minimum légal, surtout dans le cadre d'une rupture conventionnelle ou d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse. Des facteurs comme votre ancienneté, votre poste, la difficulté à retrouver un emploi ou le contexte du licenciement peuvent jouer en votre faveur.

3. Saisissez le Conseil de prud'hommes

En cas de licenciement abusif (sans cause réelle et sérieuse), le Conseil de prud'hommes peut vous accorder des dommages et intérêts en plus de l'indemnité de licenciement. Depuis les ordonnances Macron, le barème d'indemnisation fixe des planchers et plafonds selon l'ancienneté :

AnciennetéMinimum (mois de salaire)Maximum (mois de salaire)
1 an12
2 ans33,5
5 ans36
10 ans310
15 ans313
20 ans315,5
30 ans et +320
💡 Barème Macron

Le barème Macron s'applique aux licenciements sans cause réelle et sérieuse dans les entreprises d'au moins 11 salariés. Pour les entreprises de moins de 11 salariés, les planchers sont réduits. Ce barème ne s'applique pas en cas de discrimination, harcèlement ou violation de libertés fondamentales.

4. Consultez un professionnel du droit

Un avocat spécialisé en droit du travail pourra analyser votre situation, vérifier la régularité de la procédure de licenciement et évaluer vos chances devant les prud'hommes. Pensez aussi aux consultations gratuites proposées par les maisons de justice et du droit, les barreaux (permanences gratuites), ou les syndicats si vous êtes adhérent.

Pour estimer rapidement le montant de vos indemnités et comparer différents scénarios, utilisez notre simulateur d'indemnités de licenciement. Il prend en compte l'ancienneté exacte, le salaire de référence et vous permet de visualiser le résultat en quelques secondes.

Sources et références

⚖️ Avertissement juridique

Les informations de cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil juridique. Pour votre situation personnelle, consultez un avocat spécialisé en droit du travail ou un conseiller juridique.

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