Faire des heures supplémentaires, c'est gagner plus que le taux normal, avec moins de prélèvements. Mais entre la majoration, la réduction de cotisations et l'exonération d'impôt, il est facile de se perdre. Voici comment tout se calcule, avec un exemple chiffré construit avec la même logique que notre simulateur d'heures supplémentaires.
Majorations : combien rapporte une heure supplémentaire ?
La durée légale du travail est de 35 heures par semaine. Les heures effectuées au-delà, à la demande de l'employeur, sont des heures supplémentaires. À défaut d'accord collectif, la loi prévoit deux niveaux de majoration :
| Heures de la semaine | Majoration légale | Coefficient |
|---|---|---|
| 36e à 43e heure (8 heures) | +25 % | × 1,25 |
| À partir de la 44e heure | +50 % | × 1,50 |
Un accord d'entreprise ou de branche peut fixer un autre taux, à condition qu'il ne soit pas inférieur à 10 %. Consultez donc votre convention collective avant de calculer : le taux conventionnel remplace le taux légal. Le taux horaire de base s'obtient en divisant le salaire mensuel par 151,67 heures (35 heures × 52 semaines ÷ 12 mois). Pour 2 500 € brut, cela donne 16,48 € de l'heure.
Attention aux contrats à plus de 35 heures : les heures comprises entre 35 heures et la durée du contrat sont des heures supplémentaires dites structurelles, déjà intégrées dans le salaire de base. La tranche à 25 % se réduit d'autant dans le calcul.
Défiscalisation : ce que le dispositif change vraiment
On parle de « défiscalisation » pour deux avantages distincts, qui se cumulent.
Elle porte sur les cotisations de retraite (vieillesse de base et complémentaire) et s'applique à la rémunération des heures supplémentaires, majoration incluse. Son taux est plafonné à 11,31 % de ce montant. Le gain apparaît directement sur votre bulletin : le net augmente.
Les heures supplémentaires sont exonérées dans la limite de 7 500 € par an. Vous les déclarez en case 1GH, souvent préremplie. L'économie dépend de votre tranche marginale d'imposition.
Ce que le dispositif ne supprime pas : la CSG et la CRDS restent dues sur les heures supplémentaires. Une partie de votre rémunération est donc toujours prélevée. Quant à la réduction générale de cotisations (ex-Fillon), il s'agit d'une exonération patronale : elle ne modifie pas votre net, même si elle peut influencer l'intérêt de l'employeur à vous faire faire des heures.
Plafond de 7 500 € et contingent annuel
Le plafond de 7 500 € d'exonération d'impôt est annuel et commun aux heures supplémentaires, aux heures complémentaires (temps partiel) et aux jours de repos rachetés. Un vote de l'Assemblée nationale en octobre 2025 avait envisagé de le supprimer, mais cette mesure n'a pas été retenue dans le texte final : le plafond reste de 7 500 € en 2026. Cette limite se mesure sur la rémunération nette imposable de ces heures. Avec les hypothèses de notre outil (non-cadre, cotisations à environ 22 %), elle correspond à environ 8 100 € bruts d'heures supplémentaires.
Le contingent annuel est le volume d'heures supplémentaires que l'employeur peut imposer sans autorisation particulière. À défaut d'accord d'entreprise ou de branche, il est de 220 heures par salarié et par an. Au-delà, vous avez droit à une contrepartie obligatoire en repos : 50 % du temps accompli au-delà du contingent dans les entreprises de 20 salariés au plus, 100 % au-delà de 20 salariés. Ce repos s'ajoute à la majoration de salaire.
Exemple chiffré à 2 500 € brut
Prenons un salarié non-cadre à 2 500 € brut par mois pour 35 heures, qui effectue 4 heures supplémentaires par semaine toute l'année (tranche à 25 %), avec une tranche marginale d'imposition à 30 %. Les calculs ci-dessous reprennent exactement la logique du simulateur (52 semaines lissées, CSG-CRDS à 9,7 % sur 98,25 % du brut, cotisations salariales totales d'environ 22 %).
| Par an | Sans dispositif | Avec dispositif |
|---|---|---|
| Brut des heures sup (208 h à 20,60 €) | 4 286 € | 4 286 € |
| Cotisations salariales dont CSG-CRDS (408 €) | -936 € | -451 € |
| Net avant impôt | 3 350 € | 3 835 € |
| Impôt à 30 % | -1 042 € | 0 € |
| Net gagné après impôt | 2 308 € | 3 835 € |
Détail : le taux horaire est de 16,48 €, soit 20,60 € pour une heure majorée de 25 %. Les 4 heures hebdomadaires rapportent environ 357 € brut par mois, 4 286 € par an, pour 208 heures : en dessous du contingent de 220 heures. La réduction de cotisations vaut environ 485 € par an et l'exonération évite environ 1 042 € d'impôt à 30 %, soit 1 527 € de gain au total. Avec une tranche à 11 %, l'économie d'impôt n'est que de 382 € : le gain total tombe à environ 867 €. Plus votre tranche est élevée, plus l'exonération pèse. Pour votre propre situation, utilisez le simulateur d'heures supplémentaires ; pour le salaire de base, voir le simulateur brut en net ou l'article sur 3 100 € brut en net.
Le taux de cotisations salariales de 22 % est une approximation. Le taux de réduction réel peut être inférieur à 11,31 % si votre salaire dépasse le plafond de la Sécurité sociale. Vérifiez sur votre bulletin les lignes de réduction salariale.
Cas particuliers : forfaits, cadres, fonction publique
- Forfait jours : aucune heure supplémentaire n'est décomptée. Seuls les jours de repos auxquels le salarié renonce au-delà de 218 jours bénéficient du même régime social et fiscal.
- Cadre au forfait en heures : les heures au-delà du forfait convenu sont des heures supplémentaires, avec les mêmes avantages. Les cotisations salariales sont un peu plus élevées, ce qui accroît l'intérêt de la réduction.
- Temps partiel : on parle d'heures complémentaires, avec leurs propres majorations. Elles bénéficient de la même réduction de cotisations et du même plafond de 7 500 €, cumulés avec les heures supplémentaires.
- Fonction publique : les agents perçoivent des indemnités horaires pour travaux supplémentaires, selon des règles et des taux spécifiques. Notre simulateur ne les couvre pas.
- Repos compensateur de remplacement : si votre accord remplace le paiement par du repos, ces heures ne sont pas payées sur le moment. Vérifiez comment elles sont traitées.
Erreurs fréquentes sur la fiche de paie
- Majoration oubliée ou mal appliquée : les 8 premières heures sont à +25 %, puis +50 %. Vérifiez que le taux affiché correspond à votre accord de branche.
- Heures structurelles ignorées : si votre contrat est à 37 ou 39 heures, les heures entre 35 heures et la durée du contrat sont déjà dans le salaire de base : ne les comptez pas une seconde fois, mais vérifiez que leur majoration est bien incluse.
- Absence de ligne de réduction salariale : sur le bulletin, une ligne distincte doit apparaître. Si vos cotisations de retraite sont inchangées, demandez des explications.
- Penser que tout est exonéré : la CSG et la CRDS restent dues. Le net des heures supplémentaires est donc inférieur au brut.
- Oublier le plafond annuel : après 7 500 €, le surplus devient imposable. Surveillez le cumul, surtout si vous cumulez heures complémentaires et rachat de jours de repos.
- Case 1GH mal remplie : vérifiez le montant prérempli sur votre déclaration de revenus. Si vous faites des heures chez deux employeurs, additionnez-les.
Questions fréquentes
Les heures supplémentaires sont-elles totalement exonérées d'impôt en 2026 ?+
Elles sont exonérées d'impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 € par an (case 1GH de la déclaration). Au-delà, le surplus est imposé comme un salaire. Le vote de l'Assemblée d'octobre 2025 visant à supprimer ce plafond n'a pas été retenu dans le texte final.
Les cotisations sociales sont-elles supprimées sur les heures supplémentaires ?+
Non. Seules les cotisations salariales de retraite sont réduites, dans la limite de 11,31 % de la rémunération des heures supplémentaires, majoration comprise. La CSG et la CRDS restent dues.
Quelle est la majoration légale des heures supplémentaires ?+
À défaut d'accord collectif, 25 % pour les 8 premières heures (de la 36e à la 43e heure hebdomadaire), puis 50 % à partir de la 44e. Un accord d'entreprise ou de branche peut prévoir un autre taux, jamais inférieur à 10 %.
Quel est le nombre maximal d'heures supplémentaires par an ?+
À défaut d'accord d'entreprise ou de branche, le contingent annuel est de 220 heures par salarié. Au-delà, une contrepartie obligatoire en repos s'ajoute : 50 % du temps accompli au-delà du contingent dans les entreprises de 20 salariés au plus, 100 % au-delà de 20 salariés.
Un salarié au forfait jours ou un fonctionnaire a-t-il droit au même régime ?+
Le forfait jours n'ouvre pas droit à des heures supplémentaires : seuls les jours de repos rachetés au-delà de 218 jours bénéficient du même régime. Les fonctionnaires relèvent d'indemnités horaires pour travaux supplémentaires, avec des règles propres.
Sources et références
- Heures supplémentaires, majoration, contingent, exonération (vérifié le 8 juin 2026) : service-public.gouv.fr
- Réduction de cotisations salariales sur heures supplémentaires : urssaf.fr
- Majoration minimale et contrepartie obligatoire en repos : code.travail.gouv.fr