Vous envisagez une rupture conventionnelle ou vous venez d'être licencié ? Depuis le 1er septembre 2026, la durée maximale d'indemnisation après une rupture conventionnelle individuelle a été raccourcie. Voici ce qui change, comment se calcule l'allocation chômage (ARE)et ce que vous pouvez réellement espérer toucher, avec des exemples chiffrés.
Estimation indicative : seul France Travail fait foi. Chiffres vérifiés auprès de l'Unédic en octobre 2026.
Ce qui change au 1er septembre 2026
Selon l'Unédic, la durée maximale d'indemnisation des salariés dont le contrat a été rompu par une rupture conventionnelle individuelle est désormais fixée à :
- 15 mois pour les allocataires de moins de 55 ans ;
- 20,5 mois pour les allocataires de 55 ans et plus.
C'est la date de fin de contrat fixée dans la convention de rupture qui compte : si elle tombe le 1er septembre 2026 ou après, les nouvelles durées s'appliquent. Auparavant, le plafond était de 18 mois avant 55 ans, 22,5 mois entre 55 et 56 ans et 27 mois à partir de 57 ans. Le raccourcissement est donc de 3 mois pour les moins de 55 ans, et jusqu'à 6,5 mois pour les plus de 57 ans.
Comment se calcule l'ARE
Pour ouvrir des droits, il faut avoir travaillé au moins 6 mois (130 jours ou 910 heures) sur les 24 derniers mois, ou 36 mois si vous avez 55 ans ou plus. Le calcul se fait ensuite en deux étapes.
1. Le salaire journalier de référence (SJR). C'est le salaire brut perçu sur la période de référence (primes comprises, hors indemnités de rupture, de préavis et de congés payés), divisé par le nombre de jours calendaires. Pour un salarié en poste en continu, cela revient à peu près à salaire brut mensuel x 12 / 365.
2. L'allocation journalière brute. France Travail retient la plus favorable de deux formules :
- 40,4 % du SJR + 13,18 € (partie fixe) ;
- 57 % du SJR.
Le résultat ne peut pas être inférieur à 32,13 € par jour ni supérieur à 75 % du SJR. L'Unédic a décidé, le 30 juin 2026, de ne pas revaloriser les allocations au 1er juillet 2026 : ces montants sont donc inchangés. L'allocation mensuelle brute se calcule en multipliant le montant journalier par le nombre de jours du mois, soit environ 30. Elle est brute : la CSG, la CRDS et la cotisation retraite complémentaire s'y appliquent.
Autre point à connaître : pour les moins de 55 ans dont l'allocation dépasse 92,57 € par jour, la fiche de référence de l'Unédic prévoit une réduction de 30 % à partir du 7e mois, sans descendre sous 92,57 € par jour. Cela ne concerne en pratique que les salaires élevés (à partir d'environ 5 000 € brut par mois).
Les durées d'indemnisation
La durée de droit correspond aux jours d'affiliation de la période de référence, multipliés par 0,75, avec un minimum de 182 jours (6 mois) et un plafond lié à l'âge et au type de rupture.
| Âge | Licenciement, fin de CDD | Rupture conventionnelle (fin de contrat dès le 01/09/2026) |
|---|---|---|
| Moins de 55 ans | 18 mois (548 jours) | 15 mois |
| 55 et 56 ans | 22,5 mois (685 jours) | 20,5 mois |
| 57 ans et plus | 27 mois (822 jours) | 20,5 mois |
Exemple : un salarié de 35 ans qui a travaillé 24 mois sans interruption a 730 jours d'affiliation. 730 x 0,75 donne 548 jours, soit 18 mois. S'il est en rupture conventionnelle avec une fin de contrat en octobre 2026, ce droit est plafonné à 15 mois.
Rupture conventionnelle, licenciement, démission légitime
Les trois situations ouvrent droit à l'ARE, mais pas dans les mêmes conditions.
- Rupture conventionnelle : l'indemnité ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement (1/4 de mois de salaire par année jusqu'à 10 ans, puis 1/3 au-delà). Depuis le 1er septembre 2026, la durée de chômage est plafonnée à 15 ou 20,5 mois. Notre guide des indemnités de licenciement détaille ce barème.
- Licenciement : même indemnité légale (à partir de 8 mois d'ancienneté), mais le plafond de durée reste à 18, 22,5 ou 27 mois selon l'âge. Le différé spécifique est plafonné à 75 jours en cas de motif économique, contre 150 jours dans les autres cas.
- Démission légitime : certains motifs (suivre son conjoint, violences, salaire impayé, etc.) sont assimilés à une perte involontaire d'emploi et ouvrent des droits. Une démission ordinaire n'ouvre pas droit à l'ARE immédiatement, avec un réexamen possible après quatre mois de recherche d'emploi.
Conséquence pratique : depuis septembre 2026, l'écart de durée entre licenciement et rupture conventionnelle est de 3 mois avant 55 ans. À 3 000 € brut par mois, cela représente environ 5 000 € d'allocations brutes en moins (voir l'exemple 1).
Différés et délai de carence
Avant le premier versement, trois délais peuvent s'additionner :
- Le délai d'attente de 7 jours, sauf s'il a déjà été appliqué dans les 12 derniers mois ;
- Le différé congés payés : l'indemnité compensatrice de congés payés divisée par le SJR, dans la limite de 30 jours ;
- Le différé spécifique : les indemnités supra-légales (la part qui dépasse le minimum légal) divisées par 111,8 en 2026, plafonnées à 150 jours (75 jours pour un licenciement économique).
Un conseil de négociation : chaque tranche de 111,8 € d'indemnité supra-légale retarde le premier versement d'une journée. Une indemnité supérieure au minimum légal n'est pas pour autant perdante, mais le gain net est inférieur au montant brut négocié.
Trois exemples chiffrés
Calculs réalisés avec la même logique que notre simulateur : salaire stable, emploi continu, rupture conventionnelle avec fin de contrat en octobre 2026, mois de 30 jours.
| Profil | Indemnité légale | SJR | ARE brute | Durée max. |
|---|---|---|---|---|
| 3 000 € brut, 5 ans, 35 ans | 3 750 € | 98,63 € | 56,22 €/jour (1 686,60 €/mois) | 15 mois |
| 4 500 € brut, 12 ans, 45 ans | 14 250 € | 147,95 € | 84,33 €/jour (2 529,90 €/mois) | 15 mois |
| 6 000 € brut, 8 ans, 40 ans | 12 000 € | 197,26 € | 112,44 €/jour (3 373,20 €/mois) | 15 mois |
Exemple 1. SJR = 3 000 x 12 / 365 = 98,63 €. La formule 1 donne 40,4 % x 98,63 + 13,18 = 53,03 € ; la formule 2 donne 57 % x 98,63 = 56,22 €. C'est la seconde qui l'emporte. Sur 15 mois (456 jours), le total brut atteint environ 25 640 €. Avec un licenciement, la durée serait de 18 mois (548 jours), soit environ 30 810 €, donc près de 5 170 € de plus.
Exemple 2. Indemnité légale : 4 500 / 4 x 10 ans + 4 500 / 3 x 2 ans = 11 250 + 3 000 = 14 250 €. SJR = 54 000 / 365 = 147,95 €, ARE = 57 % x 147,95 = 84,33 € par jour. Si l'employeur verse 20 000 €, la part supra-légale est de 5 750 €, soit 5 750 / 111,8 = 51,4, arrondi à 52 jours de différé spécifique, en plus des 7 jours d'attente.
Exemple 3 (dégressivité). SJR = 72 000 / 365 = 197,26 €, ARE = 57 % x 197,26 = 112,44 € par jour. Ce montant dépasse 92,57 € et le salarié a moins de 55 ans : après 6 mois, 30 % de réduction donnerait 78,71 €, mais l'allocation est maintenue à 92,57 € (le plancher), soit environ 2 777 € par mois. Total brut estimé sur 15 mois : environ 45 850 €.
Ces exemples supposent un emploi continu sur les 24 derniers mois et ne tiennent pas compte des prélèvements sociaux. Votre simulation personnelle peut s'écarter de ces chiffres si votre salaire a varié ou si vous avez eu plusieurs employeurs.
Les démarches auprès de France Travail
- Négocier et signer la rupture : après la signature de la convention, un délai de rétractation de 15 jours calendaires s'ouvre, puis la demande d'homologation est examinée par l'administration.
- S'inscrire à France Travail dès la fin du contrat. L'inscription doit intervenir dans les 12 mois suivant la fin du contrat, mais s'inscrire tôt évite de décaler le versement.
- Rassembler les documents : l'attestation employeur destinée à France Travail, le certificat de travail et le solde de tout compte.
- Déposer la demande d'allocation en ligne, puis actualiser sa situation chaque mois pour continuer à être indemnisé.
- Vérifier la notification de droits : elle indique le SJR, l'allocation journalière, la durée et les différés. Comparez-la à votre simulation, et contestez en cas d'écart.
Questions fréquentes
Combien de temps touche-t-on le chômage après une rupture conventionnelle en 2026 ?
Pour une rupture conventionnelle individuelle dont la date de fin de contrat est fixée au 1er septembre 2026 ou après, la durée maximale d'indemnisation est de 15 mois avant 55 ans et de 20,5 mois à partir de 55 ans (Unédic). Elle était auparavant de 18 mois avant 55 ans, 22,5 mois entre 55 et 56 ans et 27 mois à partir de 57 ans. La durée réelle dépend aussi de votre durée d'affiliation.
Comment est calculée l'allocation chômage (ARE) ?
France Travail calcule votre salaire journalier de référence (SJR), puis retient la formule la plus favorable entre 40,4 % du SJR plus 13,18 € et 57 % du SJR. L'allocation ne peut être ni inférieure à 32,13 € par jour ni supérieure à 75 % du SJR. Ces montants sont maintenus au 1er juillet 2026, l'Unédic n'ayant pas revalorisé les allocations.
Quelles sont les nouvelles règles de la rupture conventionnelle au 1er septembre 2026 ?
Elles ne concernent que la durée d'indemnisation des ruptures conventionnelles individuelles dont la fin de contrat intervient à partir du 1er septembre 2026 : 15 mois maximum avant 55 ans, 20,5 mois à partir de 55 ans. Les ruptures conventionnelles collectives ne sont pas touchées. Les allocataires de 55 ans et plus peuvent demander une prolongation à France Travail, accordée après examen de leur recherche d'emploi ou de leur projet professionnel.
Quel est le délai avant le premier versement du chômage ?
Le premier versement intervient après un délai d'attente de 7 jours, auquel peuvent s'ajouter un différé congés payés (jusqu'à 30 jours) et un différé spécifique si votre indemnité dépasse le minimum légal (indemnités supra-légales divisées par 111,8 en 2026, dans la limite de 150 jours, ou 75 jours en cas de motif économique).
Peut-on toucher le chômage après une démission ?
En principe non, sauf démission dite légitime (par exemple pour suivre son conjoint, en cas de violences ou de salaires impayés). Après une démission non légitime, un réexamen du dossier est possible au bout de quatre mois de recherche d'emploi. La rupture conventionnelle et le licenciement ouvrent en revanche droit à l'ARE si les conditions d'affiliation sont remplies.
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